
L'influence du Moyen Age et de son idéal peut se percevoir dans de nombreux aspects de notre vie contemporaine, pas seulement dans l'art et la vie quotidienne. L'influence moderne a commencé il y a des décennies au dix-neuvième siècle avec l'art du mouvement pré-raphaélite et se voit encore à notre époque contemporaine, parfois même dans la vie quotidienne. Les valeurs de la chevalerie et les histoires de la Table Ronde font-elles encore rêver? Le nom de 'Camelot' qu'on donne aux familles celèbres comme les Kennedys, et la fascination avec les vies de la famille royale d'Angleterre trahissent cet attachement à ces valeurs d'une autre époque même dans notre société américaine.
Etre une princesse emportée par un chevalier en armure brillante
est encore parfois un fantasme des jeunes filles d'aujourd'hui, comme cela
parait avoir été le cas au Moyen Age. L'époque de
Chrétien de Troyes dégage un charme éternel qui traverse
les siècles. Mais, il faut explorer ce charme et se rendre compte
aussi des problèmes qu'il pose. Une croyance trop forte dans cet
idéal de la chevalerie et le mythe du chevalier en armure brillante
peuvent-ils représenter un danger? Les effets et les dangers de
cette croyance seront explorés dans cet essai.
Ces pauvres sont ceux qui menaient les vies dures et fatigantes. Pour eux, il n'y avait pas de chevaliers en armures pour les sauver. Pour eux, il n'y avait aucun code d'honneur qui les protègeaient. Au lieu de cela, ils avaient faim, étaient malades et souffaient. Les histoires que nous lisons de cette époque parlent souvent d'une classe privilégiée mais restreinte. On doit se rendre compte que la situation des pauvres étaient directement liée à la richesse et au pouvoir des rois et de leurs cours.
Au Moyen Age, la royauté épousait l'idéal de la
chevalerie qui comprenait le respect et l'honneur mais en même temps
ils régnaient sur leurs sujets, souvent, sans justice. Le système
féodal était fondé sur le principe que les serfs restaient
sous le pouvoir de la noblesse. Les serfs devaient servir la noblesse parce
qu'elle ne les protègeait que si les serfs travaillaient la terre
de la noblesse. C'était un échange injuste. Les serfs vivaient
donc à la merci de la noblesse qui profitait de leur faiblesse.
La noblesse demandait un travail difficile des serfs et les forçait
ainsi à rester pauvres et trop fatigués pour se révolter.
D'un côté, l'histoire est douce pour les rois comme Arthur,
mais les vrais rois et les hommes au pouvoir n'étaient pas très
sympathiques. Alors, si la noblesse était le bastion de l'honneur
comme les histoires de Chrétien de Troyes le disent, pourquoi les
pauvres étaient-ils obligés de vivre dans un enfer vivant?
Ces questions doivent aussi être posées quand on discute 'l'idéal'
du Moyen Age.

...a vast court, where men and women lived in conformity with the rules of courtesy, where the truth was told, where generosity was open-handed, where the weak and the innocent were protected by men who dedicated themselves to the
cult of honour and to the quest of a spotless reputation. Honour and love
combined to engage the attention of this society; these were its religion in a far more real sense than was that of the Church. (xii-xiii)
C'est évident par ses observations que la chevalerie était
une partie intégrale de la vie du Moyen Age. D'une manière
significative, c'était la base des poèmes de Chrétien
de Troyes. De Troyes a écrit pour amuser ses lecteurs, sans savoir
que des siècles après sa mort, ses oeuvres seraient des chroniques
historiques pour une audience complètement différente.
Alors, on peut voir que c'est facile d'être piégé
par un faux espoir. C'est le danger de croire en un idéal. Un idéal
c'est justement ça: l'image de la perfection qu'on imagine.
L'idéal est un but mais pas la réalité. Croire trop
fort à la perfection ne mène qu'à la déception.
On peut voir aussi que dans la vie moderne cet idéal de chevalerie
peut être dangereux.
De plus, les oeuvres des pré-raphaélites comprenaient aussi de la poèsie. Ces poèmes capturent l'essence et le pathétique de l'idéal du Moyen Age pour lequel Hollywood est responsable. Ce n'est pas l'intention nécessairement des artistes de faire ça, néamoins c'est le cas. Je pense que les poèmes parlent de la même mélancolie tragique que les peintures. En fait, les artistes eux-mêmes étaient empêtrés dans des histoires un peu arthuriennes, et absolument tragiques. Elizabeth Eleanor Siddal était à la fois un modèle pour Dante Gabriel Rossetti et sa femme. Sous l'influence de son mari elle a commencé à faire de l'aquarelle et de la poèsie. Ses oeuvres sont décrites comme "complètement tristes et desespérées." Aussi, elle parle beaucoup de la mort et du désir de mourir dans ses oeuvres. Elle est morte d'une overdose de laudanum ( une variété d'opium). Son mari était si éperdu qu'il a mis le manuscrit de sa poèsie dans son cercueil et ne l'a récupéré que sept ans plus tard. Cette histoire est tragique à l'image de ces peintures et de cette poèsie.
Le poème ci-dessous exemplifie les oeuvres qui réfléchissent l'idéal du Moyen Age. Ecrit par Dante Gabriel Rossetti, on peut se tromper, et penser qu'un troubadour l'écrit pour sa dame.
"The Portrait"
O Lord of all compassionate control,
O Love! Let this my lady's picture glow
Under my hand to praise her name, and show
Even of her inner self the perfect whole:
That he who seeks her beauty's furthest goal,
Beyond the light that the sweet glances throw
And refluent wave of the sweet smile, may know
The very sky and sea-line of her soul.
Lo! It is done. Above the enthroning throat
The mouth's mould testifies of voice and kiss,
The shadowed eyes remember and foresee.
Her face is made her shrine. Let all men note
That in all years (O Love, thy gift is this!)
They that would look on her must come to me.
D'autre part, beaucoup de gens sont obsédés par les vies
de la famille royale d'Angleterre. La mort de Diana a été
tragique, en partie, à cause du rêve qu'elle détruisait
par sa disparition. C'était la fin du conte de fées qui avait
déjà été terni par les scandales qui touchaient
la famille royale et qui prouvent que rien n'est parfait, même l'idéal,
semblant parfait, du Moyen Age.
Dangereuse ou pas, l'existence d'un esprit moderne au Moyen Age est
une réalité. Les histoires de Chrétien de Troyes feront
toujours rêver. L'idéal du code de la chevalerie restera-t-il
à la mode malgré les dangers qui y sont liés? Je pense
que oui. Le rêve est trop beau pour l'oublier. Jusqu'au moment où
la réalité sera mieux que le rêve, les filles ne pourront
pas échapper au charme de cet idéal.
** Les renseignements du mouvement préraphaélite vient des sites sur le web: