Marceline Desbordes-Valmore

Il n'est pas toujours nécessaire de connaître la vie d'un auteur pour comprendre ses œuvres. Mais, quand nous étudions un auteur romantique, particulièrement un poète romantique, il est peut-être plus important d'avoir entendu parler de la vie de l'auteur parce que le moi du poète est au centre de l'œuvre. Aussi, il est intéressant pour moi de me poser quelques questions au sujet du romantisme. Marceline Desbordes-Valmore était-elle la seule poétesse du romantisme? Elle est reconnue maintenant mais cela n'a pas toujours été le cas. Qu'est-ce qu'on appelle un poète romantique? Je m'étonne de voir que Desbordes-Valmore ne figure pas dans l'anthologie que nous utilisons pour ce cours. Dans ce site, je me propose donc d'expliquer sa vie, et de créer des liens avec d'autres sites qui existent déjà sur sa poésie. Certains donnent même une version intégrale de ses poésies et de petite explications sur le Romantisme et les contemporains de Marceline Desbordes-Valmore. Ma camarade de classe se propose d'évaluer et expliquer d'autres sites sur Marceline Desbordes-Valmore au cas ou vous ne trouvez pas ici ce que vous voulez ou si vous voulez chercher plus d'information sur elle.

Lucien Descaves a bien choisi son titre, La Vie douloureuse de Marceline Desbordes-Valmore, première biographie de cet auteur romantique qu'il a publiée en 1910. Elle est née à Douai le vingt juin 1786. La famille de Desbordes-Valmore n'était pas pauvre dès le début. Mais vers les années 1790 l'industrie textile en crise et la Révolution vont ruiner son père, Félix Desbordes, peintre d'armoiries à Douai.

La vie à Douai est progressivement devenue plus difficile ce qui a poussé la mère de Desbordes-Valmore à partir, pour la Guadeloupe, où sa mère, Marie-Catherine-Joseph Lucas, avait un riche cousin. Elles y arrivent après trois ans de voyage. Desbordes-Valmore a alors onze ans. Malheureusement, le cousin est mort et l'île est en révolte et la fièvre jaune fait rage. Sa mère est morte de cette épidémie mais Desbordes-Valmore, âgée alors de seize ans, parvient et après beaucoup de résistance à rapatrier la France (Bertrand 7).

Destituée et orpheline, Desbordes-Valmore devient comédienne. Elle gagne sa vie comme actrice et chanteuse et ses premiers succès l'amènent d'abord à Rouen et puis à Paris où en 1808 elle a rencontré Henri de Latouche, le grand amour de sa vie. Elle ne révélera jamais son nom, et dans sa poésie elle s'appelait Olivier. Leur liaison, intermittente et orageuse, durera une trentaine d'années. Desbordes-Valmore épouse F.P. Lanchantin; on le connaissait sous le nom de Valmore, un acteur sans talent ni travail en 1817 (Boase 157). Pour subvenir aux besoins du ménage elle écrit; mais le couple avait toujours de graves difficultés matérielles.Sa vie de mère était plus douloureuse. Elle a eu un enfant avec son amant, M. Latouche. Malheureusement, le petit est mort dans l'enfance. Son premier enfant avec son mari ne vivra que quelques semaines. De trois autres enfants que Desbordes-Valmore aura encore de lui, les deux filles mouront dans leur jeune âge. Son dernier enfant, le fils cadet, survivra, mais il avait un tempérament acariâtre. Il a passé vingt ans de sa vie dans l'armée, dont sept en captivité. Il a eu une existence accablante. Desbordes-Valmore se déplaçait continuellement (Bertrand 7). Après avoir vu mourir quatre de cinq enfants, elle est morte d'un cancer à l'âge de soixante-treize ans. E. Montégut a dit qu' "elle a gagné sa poésie à la fatigue de son cœur" (Bertrand 8).

Marceline Desbordes-Valmore a écrit abondamment, des centaines de poèmes. Mais, malheureusement, "le nom de Desbordes-Valmore, nombreux en syllabes, y est écrasé par d'autres noms, plus brefs, mais plus grands," comme Alfred de Musset, Victor Hugo, Alfred de Vigny, et Alphonse de Lamartine (Bertrand 5). Célèbre pendant une quinzaine d'années du vivant Desbordes-Valmore vers la fin du six-neuvième siècle et au début du vingtième siècle sa poésie a été redécouverte; particulièrement dans sa Poésies Inédites de 1880 (Boase 157). Maintenant, elle occupe une place parmi les "romantiques mineurs" et les "poètes de second ordre." Beaucoup de lettres et biographes se sont passionnées pour identifier le mystérieux "Olivier."

Le lyrisme de sa poésie "...est un lyrisme sans rivages" (Bertrand 5). Je pense que cette citation parle de la sonorité de la poésie de Marceline Desbordes-Valmore. J'ai fait l'analyse de son style en analysant un de ses poèmes, L'Amour.




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    Vous demandez si l'amour rend heureuse;
    Il le promet, croyez-le, fût-ce un jour.
    Ah! pour un jour d'existence amoureuse,
    Qui ne mourrait? la vie est dans l'amour.

    Quand je vivais tendre et craintive amante,
    Avec ses feux je peignais ses douleurs:
    Sur son portrait j'ai versé tant de pleurs,
    Que cette image en paraît moins charmante.

    Si le sourire, éclair inattendu,
    Brille parfois au milieu de mes larmes,
    C'était l'amour; c'était lui, mais sans armes;
    C'était le ciel. . . qu'avec lui j'ai perdu.

    Sans lui, le cœur est un foyer sans flamme;
    Il brûle tout, ce doux empoisonneur.
    J'ai dit bien vrai comme il déchire une âme:
    Demandez-donc s'il donne le bonheur!

    Vous le saurez: oui, quoi qu'il en puisse être,
    De gré, de force, amour sera le maître;
    Et, dans sa fièvre alors lente à guérir,
    Vous souffrirez, ou vous ferez souffrir.

    Dés qu'on l'a vu, son absence est affreuse;
    Dés qu'il revient, on tremble nuit et jour;
    Souvent enfin la mort est dans l'amour;
    Et cependant. . . oui, l'amour rend heureuse!

    (Bertrand 192)

J'ai trouvé que la vie de Desbordes-Valmore avait, sans aucun doute un effet sur ce poème. La plupart des poèmes ont été inspirés à Desbordes-Valmore par son grand amour pour Henri de Latouche. Les grands thèmes du romantisme sont présents dans sa poésie. L'Amour consiste en une expression forte du moi comme la plus romantiques des poètes. Elle parle d'un amour impossible, qui reflète son expérience personnelle. Comme nous le savons, elle était mariée avec Prosper Valmore mais elle aimait Olivier, ce qui explique sa mélancolie. Vers sept en donne un exemple: "Sur son portrait j'ai versé tant des pleurs." Le thèmes de la solitude et de l'isolation sont aussi présents dans ce poème. Dans le vers treize "Sans lui, le cœur est un foyer sans flamme," Desbordes-Valmore parle de la nostalgie, le mystère et le regret de l'amour, de son amour pour Henri. Ce poème parle aussi de la confusion de l'amour: l'amour a le pouvoir de vous rendre heureuse un jour et terriblement malheureuse après.

Bertrand, M. Les Œuvres Poétiques de Marceline Desbordes-Valmore.Vol. 1. Grenoble: Presses Universitaires de Grenoble, 1973.

Boase, Alan M. The Poetry of France. Vol. 3. London: Methuen & Co Ltd, 1967.



Ses Oeuvres: *liens directs*

* "Le secret"

* "Elégie"

* "Ma chambre"

* "La couronne effeuillée"

* "Les roses de saadi"

* "Ma fille"

~~Liz Mullarkey. Drew University, Mai 1998

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l'Agora

Ce site est en effet l'anthologie de la poesie francaise, avec un ou deux poèmes pour chaque grand poète francais. Pour Marceline Desbordes-Valmore, il y a "Ma chambre" et "Sol natal."

Poèmes de Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)

Ce site a seulement ses poèmes reproduits dans leur integralite. "Ma chambre," "Qu'en avez-vous fait?," "La couronne effeuilée," "Elégie," "La rose flamande," "Regret," "Les roses de Saadi," et "Les séparés."

Florilège

"Anthologie hypertextuelle de la Poésie Française"

C'est un site très utile qui offre la possibilité de chercher par nom d'auteur, ou par thème, ou par sujet. Pour Desbordes-Valmore, il y a deux poèmes, "Sol natal" et "Ma chambre," et un lien avec ses contemporains et une bibliographie.

Gallica

C'est un site presque comme Poèmes de Marceline Desbordes-Valmore, mais le format est très ennuyeux. Je recommande l'autre.

Bibliomania

C'est une petite partie d'une grand collection de poemes, francophones et pas francophones. Il y a seulement cinq ou six poèmes de Desbordes-Valmore, et c'est necessaire de chercher en bas, il n'y a pas d'hyper-liens. C'est bien si vous avez envie d'étudier quelques poemes de beaucoup d'auteurs, mais pas utile si vous faites une étude très profonde.

Nena Sechler. Drew University, May 1998